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Recueil de textes

 

1.

 

Plus rien ne se passe, dans la nuit. Les traces d'éclairs noircissent le ciel attendu mais surprenant. Des douleurs se marquent, pas partout, par endroits connus. Sur des lumières, des pas de solitudes demeurent.

 

La blancheur du soupir rompt la clarté, le temps regorge de son amertume insolente. Sur les cimes humides, un regard croit abolir le rayon qui l’a fait naître. L’après-midi s’en va, ne laissant que lui-même en communion.

 

L’invisible tranquillité des saisons se substitue à la mémoire perdue, inaccessible. Un oiseau libère un espace vide, et fait apparaître un visage, au loin, en face. Un calme délétère nargue les néants artificiels.

 

L’exception végétale entre en liaison avec la citronnelle reçue. Les heures tyranniques trahissent la chair. L’immense invention choit dans un automne naissant, dominateur.

 

Une éclaircie, en compagnie de la clameur d’une ville perdant son abondance, offre son abri réconfortant. Le passage des machines rouvre une blessure ancienne, réelle. L’ombre d’un nuage complète une inscription aux grouillements infinis et rigoureux – d’une présence inadmissible.

 

L’immensité rêveuse du matin jette son écume sur un horizon apaisé. Les cœurs de l’instant s’ouvrent. Sur les intervalles de hauteur, se gravent des notes libres et soi-disant statiques. Une armée d’obstacles s’effondre. Un clair bigarré s’instruit, répondant aux échos de l’azur offert en partage, unique. Ciel sublime.

 

Le temps, sorti d’un éblouissement, converge en variations ultimes. Les créatures s’enfoncent paisiblement en un amour. Calfeutrés en une atmosphère sèche et tiède, les évènements voyagent maintenant à reculons, trahis par leurs signes évidents. Amateurs fantômes, amertumes désamorcées, chants de vigueurs englouties en un présent de plénitude encore voilée.

 

Lovant les toits glissants, la quiétude de la plaine soulage l’ombre alors attendrie, laissant derrière elle de vains revers. Des briques échouent en couleurs. Une frondaison résiste devant un simple vol curieux, abandonné, dessinant ses airs aléatoires.

 

(2024)

 

 

2.

 

Chez Pêle-Mêle, il y a quelques jours, vers la fin de journée:

 

Moi: Saint-Nicolas, Saint-Nicolas!

Saint-Nicolas: C'est à cette heure-ci que tu arrives? L'année prochaine, il faudra venir plus tôt.

Moi (zyeutant sur son panier de bonbons): Mais j'ai été très sage!

Saint-Nicolas: Menteur, ce n'est pas vrai, je le sais.

Moi: Oh... tu es vraiment le vrai Saint-Nicolas!

 

Bonne Saint-Nicolas à tous les enfants sages!

 

(2024)

 

 

3.

 

Ce n’est pas ici que ça se joue.

 

(2025)

 

 

4.

 

Au soldat

 

La guerre est à nos portes. J’envie la feuille morte.

J’attends que le vent passe, fatigué, de guerre lasse.

Je laisse aux soldats, leurs canons, leurs carnages.

Je ne suis pas ici pour cultiver la rage.

Le Christ est mon général,

Sa Croix, mon unique étoile.

Contemple sa beauté, son amour, et sa gloire.

Retourne chez ta femme, l’enfant, sa balançoire.

Tes parents ont leur âge. La vie est un passage.

Apprends-leur à aimer et à tout pardonner.

 

7/1/2025

 

 

 

 

 

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